Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 16:18

Une note, annexée au rapport d’information sur la proposition de loi visant à accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non-ressortissants de l’Union européenne résidant en France, porte sur le droit de vote des étrangers aux élections locales dans 12 autres pays européens et en Suisse.

Il existe ainsi quatre types de régimes en matière de droit de vote aux élections municipales, à savoir ceux qui :

  1. dénient aux étrangers le droit de vote (Allemagne, Autriche et Italie) ;
  2. accordent le droit de vote aux ressortissants de certains pays, soit sous condition de réciprocité et moyennant une durée minimale de résidence fixée au cas par cas (Espagne et Portugal) soit parce qu’ils ont la nationalité d’un Etat membre du Commonwealth (Royaume-Uni) ;
  3. octroient ce droit à tous les étrangers qui ont résidé de façon continue sur leur territoire pendant une durée minimale (Belgique, Danemark, Luxembourg, Pays-Bas, Suède et plusieurs cantons suisses) ;
  4. ou reconnaissent ce droit sans condition de résidence en soumettant les étrangers au régime des nationaux (Irlande).

Enfin, seuls le Danemark et la Suède autorisent les étrangers à voter et être élus aux élections locales autres que les élections municipales.

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Par Semaines d'Education Contre les Discriminations
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 16:15
Le Sénat a adopté jeudi 8 décembre 2011 au soir, par 173 contre 166, une proposition de loi de la nouvelle majorité de gauche accordant le droit de vote aux étrangers non communautaires aux municipales, à l'issue d'un débat houleux où la droite a sorti l'artillerie lourde.

Quelque 300 partisans et adversaires du projet, séparés par un cordon policier, s’étaient avant l’ouverture du débat rassemblés près du Sénat à l’appel d’une partie de la gauche pour les premiers, et du Front national pour les seconds. Deux candidats à la présidentielle avaient fait le déplacement : la patronne du FN Marine Le Pen et l’écologiste Eva Joly.

Citoyenneté et nationalité, immigration et communautarisme… Les clivages profonds entre gauche et droite ont été mis en exergue tout au long de l’examen de ce texte symbole.

 

Ferme opposition - Fait exceptionnel : c’est François Fillon qui a ouvert le débat pour « exprimer » sa ferme « opposition » à un « travail de sape d’un des fondements de notre République ». « La gauche s’engage dans une voie dangereuse avec légèreté », en prenant « le risque de vider la nationalité et la citoyenneté française de leur substance », a lancé le Premier ministre.


« Dissocier le droit de vote de la nationalité française, c’est prendre le risque de communautariser le débat public », a-t-il jugé.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a rappelé sa position sur un thème dont sa majorité entend faire un marqueur de la campagne électorale : « On vote parce que l’on est citoyen, on est citoyen parce que l’on est Français, on n’est pas citoyen parce que l’on habite en France ».

« Les étrangers ne sont pas des citoyens de seconde zone, tout simplement ils ne sont pas des citoyens, ils habitent dans notre pays », a-t-il dit lors d’un discours chahuté par les protestations des sénateurs de gauche.

Pour lui, « au terme du processus d’intégration, un étranger peut obtenir le droit de vote en devenant Français, cela suppose qu’il adhère aux valeurs qui sont les nôtres et parle le français ».

 

Gestion des services publics - « La commune gère des questions essentielles. Vous proposez de soumettre la gestion des services publics à des personnes qui, parce qu’elles n’appartiennent pas à la nationalité française n’en partagent pas forcément les valeurs », a-t-il estimé.

 

« Imaginons un débat sur les cantines scolaires, est-ce qu’on ne risque pas d’avoir des règles de définition de l’alimentation des enfants qui soient contraires aux principes de laïcité (…), sur la fréquentation des piscines, ne court-on pas le risque d’avoir des règles d’utilisation qui soient contraire à l’égalité des droits des hommes et des femmes », a-t-il ajouté.

Selon Hervé Morin, président du Nouveau centre et candidat à la présidentielle, « permettre à des étrangers de voter à des élections locales, c’est par effet indirect une atteinte à la souveraineté nationale ».

Conséquences directes sur les sénatoriales - « N’oublions pas que les élections locales ont des conséquences directes sur les élections sénatoriales. Par ailleurs, ouvrir le droit de vote aux étrangers, c’est enfin prendre le risque d’ouvrir les portes des conseils municipaux à l’expression des communautarismes », a-t-il ajouté.

 

Pour l’ancien ministre de la Défense, « les étrangers installés durablement en France, qui souhaitent participer pleinement à la vie politique de notre cité, doivent pouvoir le faire en demandant plus facilement la citoyenneté française ».

 

Le leader centriste propose dans ce cadre la mise en œuvre en urgence d’une « réforme des procédures administratives qui encadrent ce parcours d’accès à la citoyenneté française » qui, dit-il, « confine souvent à l’humiliation ».

 

Esther Benbassa (EELV), rapporteure, a répliqué en lisant à la tribune des déclarations passées en faveur du droit de vote des étrangers, prononcées jadis par Nicolas Sarkozy, Eric Besson (ministre de l’Industrie), l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin ou encore Brice Hortefeux.

 

« Ce sont d’autres discours que nous entendons désormais », a déploré cette universitaire, qui possède la triple nationalité franco-turque-israélienne. « J’ai été moi-même une étrangère, une immigrée », a-t-elle noté.

Equité par rapport aux membres de l’UE - Pour elle, il faut accorder le droit de vote local aux étrangers non-communautaires pour une question « d’équité » par rapport aux membres de l’UE qui disposent de ce droit, de « nécessité de reconnaître l’existence d’une citoyenneté plurielle », pour « garantir la dignité » des intéressés et « renforcer la portée de la démocratie ».

 

Elle a réfuté l’argument du lien indissociable entre citoyenneté et nationalité avancé par la droite jugeant qu’il « n’a plus raison d’être » puisque « les ressortissants de l’UE participent aux municipales ».

 

Le patron des sénateurs PS, François Rebsamen, a accusé François Fillon de « mettre sous tension » la société française. « Il n’y a pas de pire ferment pour le communautarisme que le refus de la reconnaissance d’une citoyenneté de résidence » a-t-il dit. « Comment justifier qu’un salarié algérien ou marocain qui vit régulièrement en France depuis des décennies ne peut voter ni être élu à aucune fonction », a interpellé Eliane Assassi (PCF).

 

En inscrivant à l’ordre du jour le même texte voté à l’Assemblée en mai 2000 sous le gouvernement de Lionel Jospin – et qui avait été bloqué par le Sénat de droite -, la gauche sénatoriale a voulu lancer un signal politique avant la présidentielle.


La proposition de loi ne permet pas aux étrangers de devenir maire ni de participer aux élections sénatoriales en tant que grands électeurs. Ils pourraient seulement être élus conseillers municipaux. Une loi organique décidera des modalités, notamment de la condition de résidence, qui devrait être de 5 ans.

 

Aucune chance d’être voté - Ce texte constitutionnel n’a aucune chance d’être voté sous cette législature. Deux amendements ayant été adoptés, il devra retourner à l’Assemblée nationale qui toutefois n’a pas le dernier mot dans ce type de texte. S’il est un jour adopté par le Parlement, il devra ensuite être transféré au chef de l’Etat qui le soumettra à referendum ou le gardera dans un tiroir.

Les résidents étrangers déjà consultés dans plusieurs villes de gauche

Les étrangers hors-UE ont déjà voix au chapitre sur les affaires de la cité dans plusieurs villes de gauche en France comme Toulouse. Sans parler de droit de vote, la Ville rose consulte ses étrangers non-communautaires par l’intermédiaire d’un Conseil toulousain des résidents étrangers. Le « Cotre » a été mis en place en 2009 pour « avoir leur avis localement » et s’assurer que « toutes les origines soient représentées » au niveau municipal, a déclaré à l’AFP le maire socialiste Pierre Cohen. De tels conseils, consultatifs, fonctionnent dans d’autres mairies socialistes de France comme à Paris, Metz et Grenoble, ou communistes comme à Saint-Denis, en banlieue parisienne.
A Toulouse, le Cotre compte 40 conseillers étrangers, dont 10 représentants d’associations, venant de 27 pays, a indiqué Jean-Paul Makengo, l’adjoint en charge de la diversité dans une ville où vivent quelque 28 000 étrangers extra-communautaires, issus principalement d’Afrique (15 000), d’Europe (8 500), d’Asie et d’Amérique. Les conseillers ne sont pas élus, mais désignés pour 2 ans par la mairie et un jury de professionnels composé entre autres de la Ligue des droits de l’Homme pour leur « représentativité géographique » et leur « motivation », a précisé M. Makengo. Le conseil est complété par 5 élus de la ville et 5 personnalités qualifiées. Le Cotre est appelé à traiter d’économie, de social, d’éducation et de culture. Il rend des avis, qui peuvent être ensuite discutés en conseil municipal. Ainsi, sur proposition du Cotre, la municipalité était partie prenante à l’organisation fin 2010 d’une « votation citoyenne » symbolique sur le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales des étrangers non-communautaires. Sur les 2 802 votants, 93,15 % s’étaient dit favorables à ce droit, et 6,85 % s’étaient prononcés contre. Un « Journal du Cotre » est diffusé à 5 000 exemplaires pour faire connaître son action.


L’ancien maire UMP de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, « opposé au vote des étrangers » non-communautaires, applaudit en revanche la mise en place du Cotre: « Il fait partie des décisions que j’ai toujours approuvées » parce qu’il « permet aux étrangers de se faire entendre sur des questions de la vie quotidienne ». « C’est un réel progrès » et, s’il y avait une alternance municipale, le Cotre serait « maintenu, et même conforté », a-t-il dit. Toulouse, qui se veut en pointe sur la question, a reçu en avril les villes qui ont installé un conseil de résidents étrangers et qui se sont fédérées dans un Conseil français de la citoyenneté de résidence (Cofracir).

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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 16:14

Ouverture du vote

 "Affichez vous" contre le Racisme

 et toutes les formes de discriminations.

 

visuel-affiche-mail.JPGLa Fédération des Amicales Laïques de Loire Atlantique (FAL44) et ses partenaires ont organisé un concours d’affiches pour lutter contre les discriminations.

 

Répartis en 4 catégories (moins de 6 ans, de 6 à 11 ans, de 11 à 15 ans et de 16 à 18 ans),  les établissements de loisirs et de l’éducation nationale avaient jusqu’au 2 décembre pour envoyer des créations collectives.

Ainsi, plus de 280 enfants et jeunes nous ont envoyé leur création collective.

 

Le 7 décembre, un jury composé de Zanzim, illustrateur de BD, Alexandre Gourdon, graphiste, Christine Bouyer, responsable de projet de l’ACCOORD et Dominique Pichot, administratrice de la FAL44, a sélectionné les 20 affiches les plus percutantes permettant l’échange et le débat nécessaires aux luttes contre les discriminations.  

 

Aujourd'hui, c'est à vous de jouer !

 

A votre tour, citoyens, citoyennes, nous  vous invitons à voter pour les 15 affiches finalistes qui constitueront l'exposition finale de lutte contre les discriminations.

Pour cela, il vous suffit de cliquer ICI.

Pour plus d'informations : affichezvous@fal44.org ou 02 51 86 13 91.

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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 10:49

Dans le cadre des semaines d'éducation contre le racisme et toutes les formes de discriminations, la Ligue de l'Enseignement de la Loire Atlantique (FAL 44) en partenariat avec le CID et la ville de Nantes propose à toutes les personnes intéressées une journée de formation action, le vendredi 13 janvier à Nantes, intitulée :
Contre le racisme et les discriminations : Quelle société voulons nous ?

Cette journée a pour volonté de créer une culture commune entre les différents acteurs du territoire travaillant sur cette thématique. Elle se veut être tant un temps d'échange de savoir entre chacun et chacune qu'un temps de mobilisation collective pour "Faire société!" au vu des enjeux de 2012 et des années à venir.

En présence de :
- Olivier NOEL, sociologue, chercheur coopérant à l'ISCRA (Institut social et Coopératif de recherche Appliquée) et chercheur associé à l'Unite Migrations Internationales et Minorités de l'INED (Institut National des Etudes Démographioques)
- Louis Georges TIN, président du CRAN et de l'IDAHO (International Day against Homophobia and Transphobia)
- La Ville de Nantes,
- La direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale des pays de la Loire,
- Correspondant local du Défenseur des Droits,
- la DIREECTE.


Cette formation est gratuite mais l’inscription est obligatoire. Pour vous inscrire, il suffit d'envoyer un mail à avivier@fal44.org.

 

Retrouvez le programme de la journée en cliquant ici.

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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 17:31

Ce texte de Louis-Georges Tin, paru à l'occasion de la sortie d'un ouvrage de l'anthropologue Jean-Loup Amselle, pose une question décisive.

Il existe deux manières symétriques d'être raciste : la première consiste à renvoyer l'Autre à sa différence, à son origine, à sa culture, en l'enfermant dans une altérité radicale ; la seconde consiste à refuser que l'Autre puisse être différent, qu'il puisse avoir sa culture, son identité propre. Dans le premier cas, c'est la tyrannie de l'exclusion (puisque vous n'avez rien à voir avec moi), dans le second cas, la tyrannie de l'assimilation (car vous devez tout faire comme moi).


Dans son dernier livre, L'Ethnicisation de la France, Jean-Loup Amselle, anthropologue et directeur des Cahiers d'études africaines, critique à juste titre le racisme du premier genre, le différentialisme, qui essentialise les particularités, et assigne les individus à leur identité vraie ou supposée. Cette approche fut souvent celle de l'extrême droite, mais elle s'est étendue à une large partie de la droite française, et bien au-delà, comme en témoignent certaines dérives de l'actuel gouvernement. Mais en critiquant ces discours, sans s'en rendre compte, Jean-Loup Amselle n'évite pas toujours le racisme du second genre, l'assimilationnisme, qui fut souvent mis en oeuvre par la gauche française, et par une certaine tradition républicaine, issue de l'époque coloniale. A cette époque, la nécessité de dominer les "indigènes" était volontiers justifiée par le bénéfice que ceux-ci étaient censés tirer du fait d'être colonisés, "assimilés", et désormais "civilisés". Ils devaient donc renoncer à leurs traditions, à leurs cultures, c'est-à-dire à eux-mêmes.

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Aujourd'hui encore, lorsque certains Français se hasardent à évoquer leur histoire, il est vrai quelque peu "différente", une histoire liée à l'esclavage ou à la colonisation, lorsqu'ils expliquent qu'ils sont discriminés en raison de leurs origines, ils trouveront certainement sur leur chemin un Jean-Loup Amselle, qui dira au monde entier qu'ils ne sont que des "opérateurs d'ethnicité" (sic), désireux "d'évacuer la question sociale" derrière "la question raciale". Car, selon l'auteur, l'évocation des questions identitaires n'est qu'une "mise en scène réglée du corps social destinée à occulter les conflits de classe". Il faudrait donc, pour faire plaisir à M. Amselle, que ces citoyens renoncent à leurs origines, à leur mémoire, et à la lutte contre les discriminations.


Tout cela, je l'avoue, est un peu fatigant. Cette manière d'accuser les minorités, une fois de plus, d'être responsables du déclin (avéré) de la question sociale, ces oppositions factices, égalité vs diversité, redistribution vs reconnaissance (comme si on ne pouvait exiger les deux à la fois), tous ces discours sont sommaires, et parfois malveillants. Le livre a du moins le mérite d'illustrer un fait : quoique moins connu que l'autre, le racisme du second genre (que M. Amselle frôle parfois) est tout aussi répandu, sinon plus. Du coup, sommés d'être comme tout le monde quand ils semblent différents, renvoyés à leur différence quand ils prétendent être comme tout le monde, ceux qui font l'expérience du racisme sont souvent fatigués (comme moi) par ces injonctions contradictoires. S'ils lisent ce livre, ils le seront, hélas, bien davantage.

 

Louis Georges TIN, publié le 25 septembre 2011 sur Médiapart par Charles CONTE.

 

Louis Geroges TIN sera présent le vendredi 13 janvier à Nantes, dans le cadre de la journée de formation action intitulée "Contre le Racisme et toutes les formes de discriminations : Quelle société voulons nous ?" .

Plus d'informations : citoyennete@fal44.org ou 02 51 86 13 91.

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