Alors que toute la famille du football français dément les informations sur d'éventuelles discriminations à l'entrée des centres de formation, Mediapart publie l'intégralité des propos
tenus par des dirigeants du foot français lors d'une réunion le 8 novembre dernier.
Médiapart révèle que le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, est favorable à la limitation du nombre de joueurs à double nationalité dans les centres de
formation.
Voici un extrait des discussions tenues le 8 novembre dernier :
Laurent Blanc : Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks (...). Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13
ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...). Les Espagnols, ils m'ont dit : "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas".
Erick Mombaerts (entraîneur de l'équipe de France Espoirs) : Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?
Laurent Blanc : Moi, j'y suis tout à fait favorable.
François Blaquart (Directeur technique national) : On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.
Un extrait qui pourrait peut-être coûter sa place de DTN à François Blaquart (un poste occupé notamment par Aimé Jacquet de 1998 à 2006). La ministre des Sports, Chantal Jouanno, vient en effet de le suspendre de ses fonctions, le temps des enquêtes menées par la FFF et l'IGJS (Inspection générale de la jeunesse et des sports). Elle a qualifié "les propos publiés (de) graves".
Celui-ci s'est dit "trahi", estimant cette décision "extêmement injuste mais logique sur la forme", selon BFM TV.
De son côté, Erick Mombaerts (cité plus haut) s'est défendu comme il pouvait sur l'antenne de RMC : "Le problème des binationaux n'est pas un problème
racial. (...) On a balancé un truc terrible et maintenant il faut le replacer dans son contexte. (...) Il n'y a pas de mal car il n'a jamais été question de mettre en place des quotas raciaux. Le
pire c'est d'être affublé de cette étiquette de raciste."
Vendredi, lors d'une conférence de presse, Laurent Blanc
démentait être au courant d'un projet de quotas dans le foot français.
Samedi, il a finalement "admis" que ses propos pouvaient déranger : "Si j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse", tout ne "supportant pas" le fait d'être "soupçonné de
racisme ou de xénophobie".
Source : Mediapart