Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 10:58

Alors que toute la famille du football français dément les informations sur d'éventuelles discriminations à l'entrée des centres de formation, Mediapart publie l'intégralité des propos tenus par des dirigeants du foot français lors d'une réunion le 8 novembre dernier.

Médiapart révèle que le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc, est favorable à la limitation du nombre de joueurs à double nationalité dans les centres de formation.

Voici un extrait des discussions tenues le 8 novembre dernier :

Laurent Blanc : Qu'est-ce qu'il y a actuellement comme grands, costauds, puissants ? Les blacks (...). Je crois qu'il faut recentrer, surtout pour des garçons de 13-14 ans, 12-13 ans, avoir d'autres critères, modifiés avec notre propre culture (...). Les Espagnols, ils m'ont dit : "Nous, on n'a pas de problème. Nous, des blacks, on n'en a pas".

Erick Mombaerts (entraîneur de l'équipe de France Espoirs) : Est-ce qu'on s'attelle au problème et on limite l'entrée du nombre de gamins qui peuvent changer de nationalité ?

Laurent Blanc : Moi, j'y suis tout à fait favorable.

François Blaquart (Directeur technique national) : On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit.

 

Un extrait qui pourrait peut-être coûter sa place de DTN à François Blaquart (un poste occupé notamment par Aimé Jacquet de 1998 à 2006). La ministre des Sports, Chantal Jouanno, vient en effet de le suspendre de ses fonctions, le temps des enquêtes menées par la FFF et l'IGJS (Inspection générale de la jeunesse et des sports). Elle a qualifié "les propos publiés (de) graves".

 

Celui-ci s'est dit "trahi", estimant cette décision "extêmement injuste mais logique sur la forme", selon BFM TV.

De son côté, Erick Mombaerts (cité plus haut) s'est défendu comme il pouvait sur l'antenne de RMC : "Le problème des binationaux n'est pas un problème racial. (...) On a balancé un truc terrible et maintenant il faut le replacer dans son contexte. (...) Il n'y a pas de mal car il n'a jamais été question de mettre en place des quotas raciaux. Le pire c'est d'être affublé de cette étiquette de raciste."

Vendredi, lors d'une conférence de presse, Laurent Blanc démentait être au courant d'un projet de quotas dans le foot français.

Samedi, il a finalement "admis" que ses propos pouvaient déranger : "Si j'ai heurté certaines sensibilités, je m'en excuse", tout ne "supportant pas" le fait d'être "soupçonné de racisme ou de xénophobie".

 

Source : Mediapart

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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 10:33

C’est désormais une tendance lourde. Elle se confirme à presque chaque élection depuis deux ans. La vague populiste grandit en Europe au rythme de sa crise. Après les Pays- Bas, la Hongrie, la Suède, le Danemark et la suisse, c’est au tour de la Finlande d’être touché. De pays en pays, des distinctions seraient nécessaires pour d’écrire ce phénomène qui mêle tout à la fois sanction de la classe politique, rejet de la mondialisation, peur des  conséquences sociales de la crise. Mais ces mouvements ont tous en commun deux ennemis : l’Europe et l’étranger. Le premier, l’Europe, étant bien sur aux yeux de « ces vrais populistes », responsable de la prétendue invasion du second, l’étranger. Ces évidences sont devenues presque invisible dans le débat public, et c’est la un premier succès du populisme. On a plus peur peur à Helsinki qu’a Tunis.

 

Source : ouest france

 

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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 10:24

La Halde salue dans un communiqué publié le 20 avril 2011 les effets positifs de la loi du 11 février 2005, qui garantit les principes de scolarisation des élèves handicapés, et fait quatre recommandations pour améliorer la situation.

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, recommande :

  • la mise en accessibilité rapide de l’ensemble des établissements scolaires
  • la mise en place effective de moyens financiers, humains et pédagogiques nécessaires pour répondre aux différentes formes de handicap
  • un renforcement de la coordination des différents acteurs éducatifs
  • pour les enfants ne pouvant pas être scolarisés en milieu ordinaire, la mise en oeuvre de moyens adaptés pour rendre effectif le droit à l’éducation des enfants handicapés accueillis en établissements et services médico-sociaux et en établissements de santé.

Ces recommandations ont été remises mercredi à la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Marie-Anne Montchamp.
La Halde recommande aussi de développer « des outils et statistiques pour dresser plus facilement un état des lieux de la scolarisation des enfants handicapés en France ».

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Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 14:02

La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), qui a rendu public, mardi 12 avril, son 20e rapport annuel sur le racisme, a mis en avant une nouvelle notion : "le racisme compréhensif". Epais de 430 pages et consacré à l'année 2010, ce document pointe les personnes se déclarant "non racistes mais comprenant très bien que les autres le soient".

Pour cela, la Commission se fonde sur un sondage et sur une enquête qualitative. Le premier a été réalisé par l'institut CSA entre les 11 et 14 janvier 2011, auprès de 979 personnes âgées de 18 ans et plus. L'enquête qualitative a, elle, été conduite par l'institut TNS-Sofres sur la base de 30 entretiens individuels semi-directifs en face-à-face d'une heure et demie, entre le 9 et le 14 décembre 2010.

D'après le sondage mené par l'institut CSA, si les préoccupations économiques constituent, comme en 2009, les premières préoccupations des Français, l'insécurité, le terrorisme et la drogue ont vu leur intérêt énormément augmenter. L'insécurité est le premier souci de 28 % des sondés (+6 points par rapport à 2009), le terrorisme, cité par 26 % des personnes interrogées, a augmenté de 15 points, et la drogue, citée par 15 % des sondés, a gagné cinq points.

LA "VISION COMMUNAUTAIRE" REGAGNE DU TERRAIN

Ce sondage, réalisé annuellement afin d'établir l'évolution du racisme sur le long terme, montre que la "vision communautaire" de la société française a aussi tendance à regagner du terrain alors qu'elle en perdait jusque-là. La quasi-totalité des "groupes" testés est perçue comme "constituant un groupe à part". Les plus isolés sont les "gens du voyage" : 72 % des personnes interrogées les considèrent "à part" (+3 points par rapport à 2009). Suivent les musulmans (48 %, +4 points) et les maghrébins (35 %, +2 points).

Quelque 59 % des sondés considèrent, par ailleurs, que l'intégration des personnes d'origine étrangère fonctionne "très mal" et 45 %, "assez mal". Mais ce résultat est lié, selon 54 % d'entre eux, "aux personnes d'origine étrangère qui ne  se donnent pas les moyens de s'intégrer". Seulement 39 % estiment que "c'est avant tout la société française qui ne donne pas les moyens aux personnes d'origine étrangère de s'intégrer". De même, 56 % des sondés considèrent qu'il y a "trop d'immigrés en France", soit une hausse de 9 points par rapport à 2009.

L'enquête qualitative menée par TNS-Sofres affine l'analyse de ces résultats. La hausse de tous ces indicateurs est, en effet, en partie liée à l'essor du discours des "racistes compréhensifs". Il s'agit de ceux qui rejettent la violence mais pas forcément les attitudes racistes. Ces personnes se distinguent de celles rejetant ces deux types de comportements racistes en bloc et d'un troisième groupe qui tolère l'ensemble de ces attitudes.

Le rapport de la CNCDH pointe aussi une baisse importante des actes et menaces à caractères racistes, antisémites et xénophobes, en 2010. Selon les données du ministère de l'intérieur, la somme de ces actes et de ces menaces s'est élevée à 1 352 en 2010 contre 1 841 en 2009, soit une baisse de 26 %. Mais cette baisse de la violence – dont les Maghrébins sont les principales victimes – a eu lieu en même temps qu'une hausse des préjugés et de "l'intolérance", selon la CNCDH.

LA RESPONSABILITÉ DES "NOMBREUX DÉBATS ET ANNONCES"

La plupart des personnes interrogées a une vision "sombre" de l'avenir. Beaucoup envisagent une "exacerbation des tensions qui viendraient cristalliser des évènements dramatiques" : attentat, révolte dans les cités... La vision "largement partagée" qui se développe aussi, selon la CNCDH, est que "les populations s'installant en France" le font pour "profiter des aides sociales" et que "l'islam est la principale difficulté liée à l'immigration et à la gestion de la différence dans la société française".

Pour la commission, il semble, "aux yeux de la plupart des personnes rencontrées, qu'un verrou ait sauté dans le discours politique admis ou admissible" au sujet du racisme. Une situation qui les amène, pour une partie d'entre elles, à accueillir favorablement la "banalisation" des discours racistes, considérés comme "la fin d'une hypocrisie".

La CNCDH explique en grande partie ces résultats par le "contexte actuel". Les attitudes racistes et xénophobes "restent fortement liées aux inquiétudes socio-économiques", souligne-t-elle. Elle pointe aussi la responsabilité des "nombreux débats, annonces et questionnements sur l'identité nationale, la déchéance de nationalité, l'interdiction de la burqa ou la situation des Roms en France".

Elise Vincent

 

 

 

 

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Vendredi 8 avril 2011 5 08 /04 /Avr /2011 10:13

La commission européenne a présenté le 5 avril son plan d’action afin d’inciter les Etats à proposer, d’ici la fin 2011, des programmes pour l’intégration des Roms. Très attendu, ce programme suscite des espoirs du côté notamment du sénateur Pierre Hérisson, expert du gouvernement Français auprès du Conseil de l’Europe, mais aussi un relatif scepticisme du côté d’associations Roms.

« L’heure est venue d’aller au-delà des bonnes intentions et de joindre le geste à la parole. Pour moi, le plus important est que les États membres contribuent aux efforts visant à ce que tous les enfants d’origine rom terminent au moins le cycle de l’enseignement primaire », lance Viviane Reding commissaire Européen pilotant la task force de la Commission ayant élaboré le programme en faveur de l’intégration des Roms adopté le 5 avril.

Elle fixe plusieurs objectifs à chacun des Etats membres :

  1. une scolarisation en primaire de tous les enfants Roms,
  2. réduire l’écart en matière d’emploi entre les Roms et le reste de la population,
  3. réduire les difficultés l’accès à la santé
  4. s’attaquer aux inégalités en matière de logement et d’accès aux services publics de l’eau et de l’électricité.

Stratégie nationale à élaborer pour fin 2011 – La commission demande avec fermeté aux Etats membres de présenter leurs stratégies nationales pour l’intégration des Roms d’ici à la fin 2011. Elle s’engage à contrôler l’efficacité de l’utilisation des financements de l’UE qui pourront être puisés dans les fonds structurels et agricoles pour renforcer des projets ciblant la population Rom afin d’atteindre les objectifs en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de logement.
Pour conforter sa démarche la Commission met en avant « le potentiel de talents », d’une population jeune (25 ans de moyenne d’âge, contre 40 ans pour l’ensemble des habitants), représentant 10 à 12 millions de personnes.

« Ce programme Européen doit favoriser l’intégration des Roms dans les pays d’origine des familles »

Pierre Hérisson, expert du gouvernement Français auprès du Conseil de l’Europe

Récemment nommé expert du gouvernement Français dans le Comité ad hoc sur les questions Roms (CAHROM), du Conseil de l’Europe, le sénateur Pierre Hérisson se réjouit de l’effort de l’union Européenne.
« J’espère que ce programme favorisera l’intégration dans chacun des pays de populations qui n’ont rien de nomades et qui ne doivent pas être poussées à émigrer à cause de discriminations ou de racisme dans leurs pays d’origine », précise le président de la Commission nationale consultative des Gens du voyage.
« En France il nous faut distinguer entre les 15 000 ressortissants étrangers – principalement Roumains et Bulgares -, que nous devons aider à retrouver une place dans leurs pays d’origine lorsqu’ils sont en situation irrégulière chez nous, et les 400 000 Gens du voyage qui sont des citoyens Français, qui ont un mode de vie itinérant qui est légitime dont il faut tenir compte dans le cadre du droit commun », précise l’élu a l’issue de la réunion du CAHROM qui s’est tenue les 30 et 31 mars à Strasbourg.

Ce volontarisme de la Commission et de l’expert du gouvernement Français ne rassure pas totalement les associations de Gens du voyage Français qui attendent avec impatience le rapport du sénateur Hérisson sur le statut des Gens du voyage et les titres de circulation.
Pour leur part, les associations Roms implantées en France craignent que tous les Etats ne mettent pas en pratique les projets de la commission. Ils constatent en outre qu’en France, les expulsions de campements Roms se multiplient dans une grande confusion et sans solutions pour les familles ni sur place, ni dans les pays d’origine.

 
 
 
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