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Dépôt d’une question prioritaire de constitutionnalité et rassemblement symbolique à Versailles : l’Union Française des associations tsiganes (UFAT) joue la carte de la citoyenneté au maximum.
Nous voulons être des acteurs de la démocratie ; aussi nous utilisons les moyens que nous donne la loi pour que tous les textes qui nous empêchent d’être des citoyens à part entière soient revus annonce Jean-Christophe Daumas, président de «Marianne Voyage», l’association membres de l’UFAT, cheville ouvrière des actions du 1er mars.
Les tsiganes tiennent à être les premiers justiciables à utiliser la réforme qui permet de poser des questions prioritaires de
constitutionnalité. «L’article 9 de la loi du 5 juillet 2000 est contradictoire avec le
principe constitutionnel de la liberté du choix de son lieu de résidence en introduisant des interdictions de stationner ailleurs que sur des aires d’accueil. Ainsi la loi Besson est interprétée
comme l’interdisant le séjour d’une partie de la population sur une grande partie du territoire, ce qui n’est pas possible du point de vu de la constitution et des principes du droit européen.
Nous ne pouvons tolérer que de nos citoyens soient assignés à résidence dans des camps spéciaux» explique l’avocat Henri Braun.
Fort de 5 délibérations récentes de la Halde , l’homme de loi dénonce aussi les dispositions spéciales qui permettent d’appliquer aux seuls gens du voyage des procédures d’expulsion administrative introduite par la loi n°2007-297 du 5 mars 2007, et la loi 69-3 du 3 janvier 1969, qui impose des titres de circulation et restreint les doits civiques des personnes circulants plus de six mois dans l’année.
Il conteste aussi les pratiques qui consiste à appliquer dans une grande confusion, les textes visant les gens du voyage aux Rroms migrants. Sur l’ensemble de l’Europe, les Rroms ont un mode de vie sédentaire, mais sous prétexte d’origine ethnique on veut les traiter comme les tsiganes français qui pour certains pratiquent l’itinérance. Cet amalgame empêche d’aborder sérieusement les problèmes d’habitat insalubre et de grande précarité qui touchent une partie des Rroms arrivés en France ces dernières années, insiste l’avocat.
Source : La Gazette des communes du 02/03/10